Bréhat « l’île aux fleurs »

« C’est en vérité un lieu admirable, et j’avais de la peine à détacher mes regards de cette mer blanchissante d’écume, d’où sortent , çà et là, des têtes verdâtres d’une multitude de rochers, aux formes fantastiques. Ce coin de terre semble exceptionnel. J’y voyais avec surprise prospérer des arbres du Midi de la France . Oubliant leur soleil natal, des myrtes, des mûriers, des figuiers gigantesques couvraient la plage, laissant presque tomber leurs fruits dans les flots. » Prosper Mérimée – Note d’un voyage dans l’Ouest de la France
(1815)

Partie de la pointe de l’Arcouest après avoir pris un repas sur le pouce dans la crêperie en face de l’embarcadère tenue par un bréhatin , la traversée commence, elle est si courte que j’ai à peine le temps d’observer la côte et son éperon rocheux.

Le clos du port et ses différentes cales s’offrent aux voyageurs , en fond l’Hôtel Bellevue , la meilleure table de l’île.

En me promenant et en suivant la côte rocheuse au plus près de la mer , je découvre les chemins.

Les sentes ressemblent à des allées dans une continuité de petits jardins fleuris très bien entretenus pour la plupart. Les bas côtés parsemés de fleurs,  j’y croise pelle-mêle des jacinthes sauvages, jacinthes des bois qui tranchent avec leur parure bleue et le vert de l’herbe qui rappellent la beauté des jardins anglais.

Les  agapanthes  commencent leur floraison , les hortensias dorment encore , des asters, des giroflées sauvages, des aloès réminiscence de la côte méditerranéenne un air doux baigne les côtes de Bréhat mouillées par le Gulf Stream.

Quelques primevères et sablines s’insinuent entre les pierres des murs qui jalonnent les allées, à l’ombre le doux parfum mêlé d’essences diverses , des eucalyptus, des figuiers qui chatouillent les narines  et des pins viennent embaumer l’air.

Ici je me dis : « c’est l’entrée du paradis en tout ça lui ressemble » je me prends à rêver résider à l’année dans cet endroit pour vivre un peu à l’écart serait bien tentant loin du tumulte parmi les 400 âmes qui  y vivent  mais ce serait sans doute renoncer à tout le reste je ne suis pas prête  pour l’instant ….

En prenant la direction du nord de cet archipel le paysage change quelque peu, on y retrouve l’aspect plus sauvage de la lande bretonne et de ses bruyères , la côte est souvent balayée par les vents, les rochers de granit rose forment un écrin. En observant j’y découvre de l’oseille des rochers (Rumex) , des choux marin (Crambe),  des fougères (Doradille obovales).

Tout au bout le phare du Paon résiste aux vagues et aux embruns. L’écume se fait plus prégnante les arbres plus rares, les ajoncs occupent le terrain abritant les oiseaux .

Au détour d’un sentier une grive musicienne sautillant allègrement,ne s’est pas envolée à mon approche, de petits moments de bonheur ponctués par les vols rapides des pipits maritimes, des tariers qui passent d’un bosquet à l’autre, les rouge gorges semblent nous attendre tant ils sont présents rivalisant avec les chardonnerets.

Photos & Texte © Strange Jazzy Photographies

 

4 réflexions sur « Bréhat « l’île aux fleurs » »

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